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ALBERT IMBERT
Château du Bosc - Camjac
( avec Mme TAPIE-DE-CELEYRAN Nicole, propriétaire du château )
le 24 janvier 2004
 

  
Pourquoi  avez vous choisi ce lieu ?

Albert Imbert : Je pense que c’est le lieu qui est le plus visité dans le coin, c’est le lieu touristique de Camjac
Sur Camjac, les gens vont au château du Bosc, après il y a des gens qui font de la randonnée, mais quand on veut visiter un site, on va au château du Bosc.

Y venez vous souvent et quand ?
Je connais très bien le chemin et j’y  viens souvent.

Nicole TAPIE-DE-CELEYRAN  : et tous les services que vous avez rendu… Vous pouvez l’ajouter.
Albert Imbert : J’ y viens à toutes les occasions, souvent je m’occupais de porter du matériel, des tables, des chaises, des bancs pour des spectacles, je faisais le lien comme ça.

Depuis quand vivez vous dans le pays Naucellois ?
Depuis 66 ans, c’est à dire toujours.

Pourquoi avez vous choisi de rester ici ?
Je ne me suis jamais posé la question que ce soit autrement, je suis né dans une ferme, j’ai toujours voulu être agriculteur et je suis agriculteur.

Comment se compose votre famille ?
J’ai deux enfants, mariés et qui ont chacun un enfant. Mais j’ai une particularité et je voudrais la signaler, c’est que mes deux enfants sont mes plus proches voisins ; l’un et l’autre de chaque coté de la ferme.

Leurs consacrez vous beaucoup de temps ?
La porte est ouverte, ils viennent quand ils veulent.

Vous êtes à la retraite, mais vous exercez toujours votre métier d’agriculteur, pour quelle raison ?
Je travaille parce j’estime que premièrement je ne pourrais pas me supporter sans rien faire et puis cela rend service aux jeunes.

Par passion ?
Par passion non, mais j’aime ça.

Comment occupez vous votre temps libre ?
Très peu de voyage, on en a fait quelques un.…
J’adore la danse, le folklore, l’occitan et l’histoire.

Qu’est ce qui pourrait améliorer votre vie à Camjac ?
On est bien à Camjac.

Et améliorer la vie des Camjacois ?
Moi ce que je regrette, c’est qu’il y ait de moins en moins d’agriculteurs et j’aurais aimé conserver un tissu un peu plus agricole que ce qui se prépare.

Faites vous parti d’associations ? Si oui lesquelles ?
Je fais partie du Comité des Fêtes de Camjac, de la Ségaline qui est une association de danse, de l’Office de Tourisme de Naucelle et puis j’ai eu fait partie de beaucoup d’autres associations mais là aussi j’ai pris la retraite...

Qu’est ce que cela vous apporte personnellement ?
J’ai toujours aimé le contact, on aime quelque chose et on le fait, ça me paraît naturel, comme vous d’être à l’UNISEP.

Participez vous à la vie de votre village ?
Peut être un peu moins qu’avant mais oui, j’y participe encore.

Quelles principales évolutions avez vous remarqué dans votre village depuis que vous y vivez ?
Je l’ai déjà dit, je regrette que tant de fermes aient disparu et que tant d’autres vont disparaître. La plupart des artisans disparaissent aussi….

Comment avez-vous vécu cette évolution ?
Plus il disparaît d’agriculteur et plus on est isolé.
C’est ce côté d’entraide que je regrette, encore nous sommes dans un pays un peu paysan mais il y a des endroits où il en reste très peu.

Y a t-il des histoires, des anecdotes sur Camjac qui vous ont marqué ?
Il aurait fallu que je les lise avant de venir.
J’ai bien vécu les 24 ans que j’ai passé au Conseil municipal et on a quand même créé une mairie, une salle des fêtes, une cantine. On a fait un cœur de village. Mon regret c’est que l’église n’est pas été construite à La Croix Rouge, car ça aurait fait un village plus consistant .

Nicole TAPIE-DE-CELEYRAN : mais écoutez, c’était….vers 1840, quand on a reconstruit l’église de Camjac, est ce que c’était uniquement la révolution  ou est ce qu’elle était déjà en très mauvais état… Et bien le Comte d’Imberg du Bosc avait proposé le terrain de Puech Roux et il paraît que ça a été la révolution dans le pays qui n’a pas voulu en entendre parler parce qu’ils jugeaient que c’était plus central.
Albert Imbert :
Ils avaient pris en tant que paroisse, les deux extrêmes, le Navech et les Cours.
Nicole TAPIE-DE-CELEYRAN : Alors du coup elle a été reconstruite au même endroit mais pas dans le même sens, pas la même orientation...
Albert Imbert : Je pense que ça a été une erreur quand même, parce qu’on n’a pas le sentiment de village comme à Frons.
Nicole TAPIE-DE-CELEYRAN :
Non c’est vrai, il y a l’église, deux ou trois maisons et le cimetière…

Vous avez grandi dans le Naucellois, que pensez vous de votre vie lorsque vous aviez 20 ans par rapport a celle des jeunes d’aujourd’hui ?
J’ai eu 20 ans dans les « aures », ça ne vous dis rien ?
A 20 ans j’étais à la guerre d’Algérie, parce que j’étais français et la vie des jeunes de l’époque, c’était loin de celle d’aujourd’hui. J’ai passé 28 mois là bas, et pour moi mes vingt ans ce n’est pas le meilleur de mes souvenirs.

Quels genre de lecture vous intéresse ?
Tout ce qui touche à l’histoire, j’ai des livres d’histoire.

Avez-vous un livre de chevet ?
Je viens de m’offrir une encyclopédie sur la guerre d’Algérie en six volumes, et c’est mon livre de chevet pour cet hiver.

Est ce que vous écoutez de la musique, si oui quel genre ?
 
Non, je ne m’arrête pas pour écouter de la musique, je n’ai pas d’appareil, et pas de disque.
Quand il y a de la musique, j’en profite, j’adore l’accordéon.

Vous intéressez-vous au cinéma et au théâtre ?
Il y  a quarante ans que je ne suis pas allé au cinéma.
Le théâtre c’est pareil, mais j’y suis allé une fois on avait fait venir au château une troupe de théâtre « La Saltarelle ». C’est joli mais les agriculteurs, ou les éleveurs, on a trop de contraintes, on a un manque de liberté.
J’aimerai sans doute, mais quand vous avez fini votre journée, ça ne vous dit rien de ressortir…
Et puis j’ai eu une vie quand même… j’ai eu tellement de réunions que la question ne se posait pas, je n’en ai pas eu envie.

Etes-vous intéressé par une forme d’art ?
Je ne suis pas très culturel, j’aime le folklore, l’occitan, j’aime nos racines.

Que pensez-vous des nouvelles techniques de communications, Internet…
Cela va tellement vite que je me demande ce que ça va être dans 20 ans, parce que presque d’une semaine à l’autre il y a une évolution tellement forte… alors je n’y adhère pas, je ne suis pas motivé pour ça.
Je me suis occupé, pendant 20 ans de la Maison Familiale de Naucelle et maintenant ils ont créé un site Internet, ils sont branchés sur Internet, je ne sais pas si c’est comme ça qu’on dit…Je m’étais inscrit pour comprendre un peu comment ça marche, et j’ai honte de le dire mais je n’y suis jamais allé. Et je veux dire que je n’y comprends rien.
Mais je sais qu’ il faut que les jeunes s’y intéressent.
J’ai une nièce qui vient d’être nommée institutrice à côté de Poitiers et elle a trouvé un appartement par internet. Alors là je ne sais pas comment elle a fait elle m’a expliqué ça vaguement mais bon…

Noël : et elle vous a montré que l’on peut y trouver des intérêts ?
Albert Imbert : Oui et j’ai un ami qui a acheté une voiture, il voulait une voiture de telle marque, telle couleur, telle option etc...
Il l’a trouvé par Internet et il est allé la chercher à Lyon.
Il est maçon et il est beaucoup moins bête que moi.

Nicole TAPIE-DE-CELEYRAN : C’est indispensable pour les jeunes à l’époque actuelle, on ne peut pas faire autrement.
Albert Imbert : D’
ailleurs au niveau publicité, pour faire la promotion d’un pays, c’est incontournable.

Voulez vous proposer une personne pour notre prochaine interview, afin de créer une chaîne de personnes qui aiment vivre dans le pays Naucellois ?
J’y ai réfléchi.
Par ordre, celui dont j’ai toujours été l’élève c’est Pierre Lacombe. Mais je ne sais pas si il sera disponible pour vous recevoir. Il a une vision beaucoup plus grande que moi. Ce n’est pas de la politique que je fais mais il a une vision, il n’est pas agriculteur mais il adore ce pays et peut être qu’il aurait des choses à dire qui m’échappent à moi, ça pourrait être un complément. J’ai été avec lui pendant 24 ans au conseil municipal. On n’a pas toujours été d’accord sur tout mais on a toujours discuté pour les actions qu’on a mené.
Et lui il a une vision plus haute, je sais pas comment dire il est plus technique peut être.
Autrement, j’avais pensé à Jean Marie PANIS, tailleur à Frons. Il est à la retraite.
A l’époque il y avait des maisons de couture  qui lui avaient fait des propositions, il aurait pu partir et gagner bien sa vie à Paris ou ailleurs.
Il a choisi de reprendre le petit atelier de ses parents, il a été tailleur à Frons toute sa vie. Il s’est occupé du café quand on a racheté la licence, c’est lui qui l’a tenu pendant 15 ans.
Il aime son village et il a tout fait pour lui.
Il s’occupe toujours du café, il fait bureau de tabac, il s’occupe de la fêtes à Frons et il participe énormément à la vie du village,(plus que Mr Lacombe).
Ce sont tous les deux des personnes que j’apprécie énormément et qui ont prouvé qu’ils aiment leur pays.

Discussion après interview :
Il y a une vingtaine d’années encore la commune de Camjac était sectionnée, il y avait deux clochers, Frons et Camjac et j’ai eu de la chance, j’ai été jeune à Frons et je me suis marié à Camjac, donc je ne suis pas sorti de la commune mais j’ai l’avantage d’être passé dans toutes les maisons, je connais par cœur toute la commune et ça  m’a énormément servi.
Un jour je suis allé à un congrès à Paris, il y avait une grève des chemins de fer qui s’était déclenchée et le lendemain matin on devait partir avec Paul Cousty à Barcelone. Il fallait que je sois rentré le soir chez moi, alors dans l’espace de 24 ou 36 heures, j’ai fais Paris ici et ici Barcelone. Lorsque je suis rentré, j’ai dit que si il me fallait choisir un endroit pour y vivre , se serait ici. Parce que sans parler de nos racines, on est dans un pays qui n’est pas monotone.
On critique parfois notre pays parce qu’il est vallonné, c’est le pays des cent vallées, mais on ne se rend pas compte que c’est un gros atout.
J’ai été en Afrique et là bas c’est plat, il n’y a pas d’eau et comment voulez vous retenir de l’eau dans un pays plat. Ici on peut faire des retenues d’eau tant qu’on veut…

Cédric : Vous préférez la vie à la campagne ?
Oh oui, il n’ y a pas de problème.

Nicole TAPIE-DE-CELEYRAN : C’est tellement plus agréable, moi j’ai toujours aimé la campagne et je serais bien malheureuse si il fallait que j’habite en ville.
Albert Imbert : Et puis ce qui m’ennuie le plus aujourd’hui, pourtant Rodez ce n’ est pas Paris, mais aller aujourd’hui à Rodez au centre ville et trouver une place pour garer sa voiture, c’est épouvantable.
Alors, vous faites deux fois le tour de ville, vous passez devant les parkings privés qui disent complet et tu continues à tourner, et tu finis par trouver quelqu’un qui s’en va mais tu te retrouves de l’autre côté de Rodez.
Ha non, moi j’aime aller à Naucelle, je sais  que dans 3 minutes j’y suis, et cela fonctionne.

Noël : et il y aura toujours un endroit pour mettre la voiture !
Albert Imbert :
Toujours et je ne serai pas à un kilomètre !...
Nicole TAPIE-DE-CELEYRAN : le déluge s’étant arrêté ….
Albert Imbert :
C’est vrai que de cette pluie on en a un peu marre maintenant….après le temps de sècheresse que l’on a eu….
Nicole TAPIE-DE-CELEYRAN : oui on est passé d’une extrême à l’autre.
Albert Imbert :
Oui mais vous savez la moyenne de pluviométrie annuelle, elle va s’y retrouver.
Nicole TAPIE-DE-CELEYRAN : c’est mal réparti. Quand on a installé le chauffage central on ne l’a pas mis dans cette pièce et c’est très heureux car le chauffage central abîme tout , et même les tapisseries. Figurez vous qu’on avait été chez un oncle en Bretagne et , une maison grand confort, chauffage central et il y avait des tapisseries du Bosc, elles  avaient complètement passées alors qu’ ici je dis ça fait l’effet de congélateur c’est très désagréable mais  ça conserve et il n’y a pas d’humidité. Les maisons dans le pays sont saines dans l’ensemble et aérées…
Albert Imbert :
Les maisons étaient construites avec de la pierre de cran et de la chaux, aujourd’hui il se trouve qu’on a le moyen pour récupérer du cran  avec une pelle mécanique et de la chaux….mais on ne le fait plus…
Nos vieilles granges sont parfaitement saines.


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