1/
Quel est le lieu qui est le plus important pour vous ? Et y allez
vous souvent et quand ?
Le
Roc de l’Espinassole. Du roc de l’Espinassole, on
voit la cathédrale d’Albi et de Rodez. Chaque fois
qu’on voit de loin le Roc de l’Espinassole, on sait
que c’est la commune de Crespin.
En réalité, je n’y vais pas souvent mais
j’y passe souvent devant.
2/
Depuis quand vivez vous à Crespin et pourquoi avez-vous
fait le choix d’y vivre ?
Je
vis à Crespin depuis 38 ans donc mon âge. Et je n’ai
pas eu trop le choix car je suis né là.
Enfin ? je suis né à Naucelle et on m’a rapatrié à Crespin.
Et depuis, j’y suis.
3/
Qu’est ce qui pourrait améliorer la vie à Crespin
pour ses habitants ?
Ah,
il n’y a pas grand-chose à améliorer puisque tout est
fait.
En réalité je ne sais pas trop car ils ont l’air satisfait.
Il y a les équipements nécessaires et Naucelle n’est
pas loin donc les habitants de Crespin vont sur Naucelle. Et puis à Crespin,
au niveau des places, des rues, tout a été refait : l’assainissement,
le réseau EDF, Télécoms…
La mairie, la salle des fêtes, le terrain de tennis, il y a même
deux salles des fêtes.
Ensuite ? C’est Naucelle comme maintenant, c’est la communauté des
communes. Naucelle ? C’est Crespin. Crespin, c’est Naucelle.
Voilà.
4/
A quel âge avez-vous été pour la première
fois élu Maire ? Et pourquoi avez-vous fait ce choix
?
A
28 ans. Ca fait 10 ans cette année. Et pourquoi avez-vous
fait ce choix ?
Euh, je ne sais pas, c’est un peu dans la famille. Parce
que chez nous, quand on regarde les archives, je me suis aperçu
qu’il y a des maires depuis 1832. Mais, j’ai un ancêtre
qui a été maire à Cabanès en 1800 pendant
25 ans.
Donc, finalement, ça fait 200 ans qu’il y a des maires
chez nous. Mais, pas 200 ans d’affilés, parce qu’il
y a eu plusieurs, mais il y a des périodes, où il
y a eu personne.
5/
Est-ce que cela vous prend beaucoup de temps ?
Euh,
oui, oui, cela prend un jour et demi par semaine plus les réunions
le soir.
On travaille beaucoup la nuit, nous les maires.
6/
Pensez vous avoir beaucoup apporter à Crespin depuis que
vous êtes à Crespin ?
Oh,
je pense que les électeurs le diront. Apparemment, ils l’ont
déjà dit, donc je pense à voir amené quelque
chose.
7/
Nous avons été conseillers municipaux enfant,
auriez vous eu le souhait de l’être durant votre
jeunesse ?
Oui,
mais à l’époque, cela n’existait pas. Alors, l’engagement
qu’on avait quand on était plus jeune. Si on était intéressé déjà pas
le fait de s’occuper des autres. On était « chef de classe »,
délégué. Alors souvent, je me retrouvais chef de classe,
c’était ma façon de m’engager.
Le conseil municipal enfant, c’est une bonne chose comme le conseil
Général jeune. Il peut avoir des réalisations auxquelles
les adultes ne pensent pas et les enfants ont des idées, c’est
bien.
Vous l’avez été vous ?
Cédric, Antoine et Dimitri : oui
Et c’est à quel âge ?
Cela commence du CM1 jusqu’à la sixième.
8/
Passez vous plus de temps à la mairie ou dans votre
ferme ?
Plus
de temps à la ferme quand même. Mais la mairie, cela prend du
temps. Il y a des permanences régulières, le mardi et le jeudi
matin et ensuite, il y a les réunions, il faut rencontrer et recevoir
les gens, prendre des rendez-vous. Il y a des imprévus.
9/
L’agriculture a-t-elle été pour vous un
choix de vie ou une obligation ?
Non,
cela n’a pas été une obligation parce que j’ai
fais mes études, dés que je suis parti de Naucelle, en 3ème
donc. J’ai pris la filière agricole, et après, j’ai
fait un BTS agricole, aussi. C’était naturel, c’est un
choix que je ne regrette pas.
10/
Comment occupez votre temps libre ?
J’aurais
du temps libre, si justement, je n’avais pas la mairie et
le conseil général ;
Quand j’avais du temps libre, c’était la course à pied
et la lecture. Et maintenant, j’ai de moins en moins de temps
pour lire. Sauf, la « paperasse » administrative. Et,
ce qui m’intéresse, c’est les livres d’histoire.
Et puis, la course à pied de moins en moins. Par contre,
j’aime bien regarder le sport à la télé,
par exemple, le tour de France. Je le regarde et que l’on
ne vienne pas me déranger et surtout pas me téléphoner,
je débranche d’ailleurs le téléphone.
Voilà.
11/
Avez-vous une passion particulière ? Si oui, laquelle
?
Une
particulière, non. J’ai plusieurs passions, par exemple le sport,
la chasse, un peu moins que le sport mais en fait, c’est une passion.
12/
Etes vous intéressés par une forme d’art
?
J’aime
bien ce que l’on appelle les arts premiers. C'est-à-dire les
créatures que faisaient les êtres primitifs dans le temps.
13/
Aimez vous voyager ?
Oui,
mais bon, je n’ais pas trop voyagé. Je ne peux pas dire que
j’ai beaucoup voyagé à l’étranger. Il faut
avoir du temps pour voyager à l’étranger. Il faut avoir
du temps pour voyager. C’est souvent des voyages professionnels.
14/
Décrivez une de vos journées ?
Ah,
par exemple, aujourd’hui. Alors, elle s’est terminée à 0h30
parce qu’il y avait une réunion. Ensuite, je me suis relevé à 3h30
du matin parce qu’il y a un veau qui est né, la vache a vêlé,
alors il a fallu appeler le vétérinaire, donc cela s’est
terminé à 5h. A 5h, je suis reparti au lit, je me suis relevé à 6h30.
A 6H30, je me lève, je vais soigner les vaches, les veaux. A 8H30,
j’ai déjeuné, j’ai passé deux ou trois coups
de fil concernant la mairie de chez moi, ensuite, je suis parti voir un entrepreneur
qui vend des charpentes métalliques.
Ensuite, je suis allé à la foire de Baraqueville acheter des
veaux que l’on revend après sur l’Italie. Je suis revenu
de la foire, c’était 12h30.
Après, il était midi et puis vers 13h30, je suis venu ici à la
mairie, quelques papiers à faire et puis, je vous attendais.
Donc maintenant, on est là pour l’interview.
Après, je vais repartir chez moi, j’ai des dossiers à remplir
concernant l’agriculture. Comme il ne fait pas beau, on ne travaille
pas dehors. Ce soir, cela va commencé comme le matin avec les bêtes
donc jusqu’à 19h. A 19h, le travail est terminé, tous
les jours. A 19h pile, parce que, je n’aime pas être en retard.
Et puis après ce soir, de nouveau, j’ai une réunion à 20h00
qui se terminera je l’espère plus tôt que celle de hier
soir et voilà pour cette journée du mercredi.
15/
De qui est parti l’initiative de restaurer la maison
de Jean-Boudou ?
Il
y a des circonstances particulières , c'est-à-dire que la maison
de Jean-Boudou , elle n’appartenait pas à Jean-Boudou, mais à son
frère qui s’appelait Cyprien. Parcequ’ici dans les fermes,
c’est celui qui reste travailler à la ferme qui récupère
les terres, les maisons et le batiment. Donc c’était son frère
Cyprien qui avait cette ferme. Et puis, il a été malade, donc
ensuite, il a décidé de vendre la maison. Et donc, cette maison
quand j’ai su qui voulait la vendre, j’ai proposé au conseil
municipal, c’était en 2000 ou 1999, qu’on l’achète,
la comune pour en faire quelque chose. Donc le conseil municipal a décidé d’acheter
cette maison.
16/
Est-ce que cette maison sera ouverte au public et si oui, quelles
seront les heures d’ouverture ?
Ah,
bonne question. Je pense qu’elle sera ouverte au public
et au grand public ; largement ouverte à la population
naucelloise, de la communauté des communes, du département,
de la France et plus car l’Occitanie c’est l’Italie,
l’Espagne donc elle sera ouverte à tout le monde.
Et les heures d’ouverture, je pense que ce sera ouvert
par demi-journée, le matin ou l’après-midi.
17/
Avez-vous connu des membres de la famille de Jean-Boudou ?
Oui,
j’ai bien connu son frère, la maman, un peu. Jean-Boudou
est décédé en 1975, et sa mère
dans les années 80. En fait, à ce moment là,
je ne savais même pas qui c’était.
18/
Est-ce que vous pensez que la vie de Jean-Boudou soit un
modèle ?
La
vie de Jean-Boudou, cela peut être un modèle
par rapport à celui qui rêve de devenir écrivain.
C’est quand même quelqu’un qui était
issu d’une famille modeste, sans grand moyen, qu à force
de travail, persévérance. Eh bien, il est
arrivé instituteur.
Ensuite, il s’est mis à écrire, à traduire
des textes. C’est la langue que l’on parlait,
la langue d’Oc, donc c’est très bien.
Son œuvre, elle perdure, elle va perdurer encore,
elle est connu à l’étranger. C’est
quelqu’un quand même d’important.
19/
Nous avons entre 12 et 14 ans, que faisiez vous à cet âge
en dehors de l’école ?
Je
gardais les vaches. A 12-14 ans, je faisais du vélo
de la mobylette après à 14 ans.
Et puis, comme tous les jeunes, je faisais du sport, mais
principalement du vélo, cela me plaisait.
20/
Que pensez vous des nouvelles techniques de communication ?
C’est
je pense intéressant même si je ne suis pas un grand
adepte et un fort utilisateur de tout ça. Mais bon, maintenant
ces nouvelles technologies , on ne peut plus faire sans. D’ailleurs
regardez autour de vous, il y a des ordinateurs. 15 ans plutôt
dans cette mairie, il y avait rien. Aujourd’hui, nous nous
en servons sans même sans rendre compte. Mais il ne faut
pas se laisser envahir par les nouvelles technologies de communication.
21/
On vous propose un sujet qui vous tient à cœur, de
quoi avez-vous envie de parler ?
Je
ne sais pas, je répondrai aux questions que vous voulez
bien me poser.
Je peux vous parler de l’Occitanie. Donc, il y a ce bâtiment
de Jean-Boudou, qu’est ce qu’on va y faire ?
Il y a deux possibilités : une partie musée, c'est-à-dire
que les gens viendront visiter la maison ancienne comme elle
est pour bien faire voir que le point d’ancrage du centre
culturel occitan aura lieu à Crespin, il est là parce
qu’était né à Crespin Jean-Boudou.
Mais la partie principale sera effectivement le bâtiment
qui abritera le Centre Culturel Occitan qui sera ouvert tout
au long de l’année et qui pourra recevoir conférences,
séminaires, étudiants de la Langue d’Oc.
Ce sera une construction neuve.
22/
Pour poursuivre notre chaîne de personne aimant vivre dans
le Naucellois, nous vous demandons quelqu’un pour notre
prochain interview ?
J’ai
trouvé un jeune sur Crespin qui a environ 25 ans. J’ai
pensé à un jeune d’ici, qui est François
Douziech ; il est président de l’association qui
s’appelle « l’Estaplou ». C’est
une association de jeunes qui commence à peu près à votre âge, à 14-15
ans jusqu’à 25 ans ; Ces jeunes, ils sont là,
tous les week ends, il y a des retrouvailles à l’Estaplou,
ils ont même fait un logo avec un local à eux. Ils
font des animations tout au long de l’année qu’ils
proposent à la population. D’ailleurs, vendredi,
l’association propose une animation en journée et
il y a un repas après, une soupe au fromage. Et la veille
du trentième anniversaire de la disparition de Jean-Boudou,
nous avons voulu montrer que la langue occitane intéressait
les jeunes. Ils vont organiser un bal avec la Talvera et Goulamask.
Donc , c’est une association dynamique et je les encourage.
D’ailleurs, c’est très bien que vous les interrogiez
pour voir ce qu’ils font.
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