Yves
Saget nous a orienté vers Guy Majoulet ; il a souhaité nous
accompagner pour le connaître. Cette rencontre leur a permis
de parler de leur passion commune, la pierre.
Adrien
: On
est un groupe de jeunes de 5 personnes, il y a un qui n’est
pas venu. On a entre 13 et 15 ans et on veut créer une chaîne
de personnes qui aiment vivre dans le pays naucellois. Ces personnes
figureront sur Internet pour montrer qu’on peut être à Naucelle,
y être bien et content. Alors Monsieur Saget vous a choisi.
M.
Majoulet : Comment
vous m’avez choisi ?
M.
Saget : On
m’a demandé de donner une personne sur le Naucellois,
je voulais vous rencontrer par rapport aux boules de pierre donc
je vous ai choisi.
M.
Majoulet : J’ai
tout le matériel, je vous ferais voir, j’ai des scies,
j’ai tout et j’ai un disque de 70, j’ai une scie
automatique mais j’ai le moteur en panne. J’ai des Agates
du Tarn et pour les scier, c’est tellement dur ; alors j’ai
une scie qui avance millimètre par millimètre pour
scier la pierre, cela met une demi heure et c’est parfait.
Sinon, la scie se bloque.
Alors qu’est ce que vous voulez savoir ?
Joffrey
: Pourquoi avez vous choisi ce lieu ?
M.
Majoulet : Parce
que j’y suis bien.
Y
venez vous souvent et quand ?
Quand je ne suis
pas dans la nature, j’y suis.
Je suis à la retraite, donc je vais à la pêche, à la
chasse.
Depuis
quand vivez vous dans le pays Naucellois ?
Depuis
que j’y suis né, il y a 67 ans.
Sinon, je suis parti à Paris 2 ans, mais je suis revenu ici.
Qu’est
ce qui vous a incité à rester dans le pays Naucellois
et plus particulièrement à Naucelle ?
La
passion pour la nature.
Qu’est
ce qui pourrait améliorer votre vie à Naucelle
et celle des Naucellois ?
Je
pense qu’on a des choses intéressantes, ici, on a des coins
perdus dans la nature, des coins sauvages et ça il faut le préserver
, on a des rivières, des lacs à proximité pour ce qui
aime la pêche et la chasse, c’est comme partout cela devient
artificiel et il reste que du lièvre sauvage et de la bécasse,
voilà, donc.
Et la pêche, la truite autochtone a pratiquement disparu, parce qu’on
a lâché des truites lâchés qui ont créé des
truites hybrides et donc il y a eu moins de pisciculture et la pollution
et le fait que l’on a mis ces truites fait qui reste très peu
de truites autochtones. Voilà, il ne faut rien lâcher et essayer
que la truite sauvage se reproduise naturellement.
Participez
vous à la vie de Naucelle ? Si oui, Comment ?
Je
n’y participe pas. J’ai participé dix ans à la
Lyre Naucelloise, je fais de la musique. Après, non.
Quelles évolutions
avez vous remarqué à Naucelle depuis que vous
y vivez ?
Depuis
que j’y vis. Écoute, je vais parler des trois ou quatre dernières
années, je trouve qu’il a une municipalité qui est très
dynamique. Voilà, ce que je voulais te dire.
Pensez
vous que la deux fois deux voies sera un plus pour Naucelle
?
Bien
sûr, cela peut amener des entreprises et en plus, des gens qui travailleront
Rodez ou Albi sera à un quart d’heure, vingt minutes donc ils
pourront habiter à Naucelle pour aller travailler là bas.
Quelle
est ou était votre profession ?
J’étais
postier, j’étais contrôleur postier.
Comment
occupez vous votre temps libre ?
Je
vais à la pêche, je vais à la chasse, je
cherche des champignons et je joue de la musique, voilà…
Cédric
: Vous jouez de quel instrument ?
Je
joue du saxo, de l’accordéon, du pipo et de l’harmonica
et de la trompette.
Joffrey
: Quels sont vos loisirs ?
Je
viens de te le dire.
Pourquoi
aimez vous pêcher et qu’est que cela vous apporte
?
Qu’est
ce que cela m’apporte. J’ai toujours pêché qu’à la
mouche artificielle. C’est une pêche où l’on va
chercher, et où l’on fait monter la truite en surface et, ça,
c’est fabuleux parce que la truite quitte le fond de la rivière
pour venir en surface. C’est une pêche très technique
et très belle. C’est pour ça que j’ai pêché toute
ma vie qu’à la mouche. D’ailleurs, c’est une mouche
qui porte bonheur et qui s’appelle « La Majoulette ».
D’où vient
cette passion pour la pierre ? Et depuis quand ?
Oh
! Il y a trente cinq ans. Je suivais des copains qui ramassaient des cailloux
et je les ai suivi parce que je m’ennuyais. Et pendant deux jours,
je me suis ennuyé et le troisième jour, j’ai cassé les
cailloux et depuis je casse des cailloux ; alors cela a été un
déclic pour moi.
Quelle
pierre vous évoque le meilleur souvenir ?
Il
y a trop. J’ai trop de souvenirs.
Avez
vous beaucoup voyagé pour trouver des pierres et dans
quel pays ?
J’ai
voyagé surtout dans l’Aveyron.
Avez
vous une anecdote de vos différents voyages et découvertes
?
J’ai
voyagé surtout dans l’Aveyron. Principalement,
dans l’Aveyron, j’ai été en Espagne
et en Italie, et voilà..
Les différents voyages, j’ai un implant dans l’œil
parce que je me suis « foutu » un coup de burin
qui a pété dans un œil ; donc j’ai
un implant depuis 14 ans ; et une autre fois, dans une carrière,
j’ai roulé avec les blocs, j’avais des bosses
partout, j’ai perdu « la boule » pendant
3 quart d’heure et puis c’est revenu, voilà les
deux grosses anecdotes.
Quels
sont vos goûts culturels ?
J’aime
le sport et la musique.
Etes
vous intéressés par une forme d’art ?
Le
polissage des minéraux.
Que
pensez vous des nouvelles techniques de communication ?
Je ne connais pas mais je pense que c’est bien.
Décrivez
nous une de vos journées ?
Aujourd’hui,
j’ai été voir le garagiste, parce que j’ai une
porte qui ferme mal ; après j’ai travaillé sur une boule
en apatite de Madagascar qui est très fragile.
D’ailleurs, dés que je tourne la boule, il faut attendre que
je recolle et que je retourne donc elle m’a occupé pratiquement
toute la journée.
Nous
avons entre 13 et 15 ans, Que faisiez vous à notre âge
en dehors de l’école à cet âge
là ?
J’allais à la
pêche, je ne pouvais pas aller à la chasse car j’étais
trop jeune, donc j’allais à la pêche.
On
vous propose de discuter d’un sujet qui vous tient à cœur,
de quoi avez vous envie de parler ?
De
la pêche, des pierres, toujours pareil.
Pour
poursuivre notre chaîne de personnes aimant vivre dans
le Naucellois, nous vous demandons de proposer quelqu’un
pour notre prochain interview ?
Il
me faut réfléchir.
René Jeanjean de Castelmary. Il a une demeure familiale à côté d’un
vieux château, il l’a restaurée petit à petit,
c’est un cadre magnifique.
Adrien
: Quelle est la pierre la plus importante pour vous ?
Ce
n’est pas celle qui est la plus chère, c’est les fossiles,
j’ai pris le sac à dos et les après-midi, j’allais
faire les haies où les paysans sortaient les pierres. Alors j’ai
trouvé des fossiles de très haut niveau sur le plan français.
C’est le meilleur souvenir que j’ai là.
Les pierres, c’est comme quand tu trouves un beau cèpe ou une
belle truite, c’est pareil, c’est une distraction extraordinaire.
J’ai des fossiles qui sont la plus part de l’Aveyron. Quelques
uns viennent de Normandie. Ils étaient au fond de la mer , il y a
180 millions d’années, ils avaient la même couleur, c’est
la macre d’origine ,elle s’est conservée parfaitement.
Ces fluors, ces mauves viennent de Montbazens, de Valzergues ; il y a en
qui sont du Var, de Chine, de Marcillac, d’Alban dans le Tarn, de Peyrebrune à côté de
Réalmont, d’Espagne, du Maroc…
L’histoire des boules, c’est un copain en arrangeant une boule à un
professionnel qui l’ avait cassée, il a trouvé le système
pour faire des boules.
Je suis le seul en France à qui il a enseigné, on est deux,
alors c’est un système où je ne peux faire les boules
que parfaites. Cela ne peut pas être autrement, c’est à un
millimètre près, toutes les boules que j’ai sont rondes.
Les ammonites, elles ont disparu, il y a 90 millions d’années,
avant de disparaître, elles se sont déroulées, elles
se sont déformées. Là, il y a des œufs de dinosaures,
des dents de requin, une raie fossile avec la queue des crevettes, un crabe,
des dents de crocodile, des étoiles de mer, une tortue.
Pour les trouver les ammonites, je suis parti avec un sac à dos, sans
carte géologique, j’ai trouvé « au pif »,
j’ai trouvé des petits gisements fabuleux ; C’est l’observation.
Il y a des empreintes de dinosaure qui viennent de Sauclière.
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