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PATRICE GENIEZ
Roc de Miramont, puis chez lui - Centrès
le 29 mai 2004
 

Nous sommes une association de jeunes de 12 à 14 ans et nous voulons créer une chaîne de personnes qui aiment vivre dans le pays Naucellois pour montrer qu’en fait nous ne sommes pas obligé de vivre dans des endroits où il y a plein de monde. Vanessa Lacombe nous a dit que vous aimiez vivre dans le pays Naucellois , c’est pour cela que l’on va vous interviewer.

Pourquoi avez-vous choisi ce lieu ?
Ce lieu, je l’ai choisi parce que je l’aime beaucoup ; il n’est pas loin de chez moi et je peux y venir à pied durant toutes les saisons. Ce lieu nous donne une vision de la région assez globale et parce que j’aime bien observer. Il y a beaucoup d’animaux sauvages et c’est une zone d’où vous pouvez voir beaucoup de forêts, quelques prairies et en fait il y a beaucoup d’habitants dans ces forêts comme des blaireaux et des renards. Il y a du chevreuil dans le coin, des cerfs juste en bas (je l’ai vu la semaine dernière, il était très beau, en velours). Et donc, c’est pour ça que j’aime bien ce lieu, je viens ici avec mes jumelles pour observer.

Pourquoi avez-vous choisi de vivre dans le pays Naucellois ?
Je suis né dans le Naucellois déjà, alors ce qui fait que je ne suis jamais trop parti vivre ailleurs, j’ai toujours vécu ici, donc c’est justement pour ça. J’ai trouvé aussi du travail dans la région, cela m’a permis de rester ici. Sinon, c’est pas par choix délibéré de vivre ici, c’est plus par un concours de circonstances, je pense, que réellement une volonté et un choix.

Depuis quand vivez vous à Centrès ?
Il y aura  3 ans que l’on habite à Centrès. Donc là, c’est pareil, on cherchait une maison puis on a trouvé à Centrès. Et c’est un village très accueillant, on a rencontré des gens extraordinaires et une vie locale où il y a beaucoup de choses qui sont entrain de se mettre en place. Notamment ce matin, il y avait le rucher avec un apiculteur qui est arrivé dans la région avec lequel on s’est rencontré, et tous les samedis, on se retrouve autour des ruches, c’est vrai qu’il y a aussi des ateliers de peinture, d’écriture ; c’est un village où les gens se retrouvent assez souvent. On se plait bien ici à Centrès depuis 3 ans.

Qu’est ce qui pourrait améliorer votre vie à Centrès et la vie à Centrès pour tous ses habitants ?
Oh, la, la…
On est déjà bien, donc.
Réellement une chose qui pourrait améliorer la vie à Centrès, je ne vois pas.

Vous avez grandi dans le pays Naucellois, selon vous qu’est ce qui a changé (dans le Naucellois) ?
Ce qui a changé dans le Naucellois, il y a de plus en plus d’associations culturelles. Moi, quand j’étais sur le Naucellois, il n’y en avait pas. Il y avait du sport, mais il n’y avait pas toutes ces activités qui se sont regroupées à travers l’UNISEP. A mon avis, c’est très intéressant pour les jeunes. Pour moi, en voyant avec le recul, cela a été un manque, pas trop d’activités culturelles. Sinon, ce qui a changé, c’est spécifique à Naucelle, il y a cette place qui est sympas, qui est agréable à vivre. Mais sinon, c’est surtout au niveau de la culture pour moi qui a un plus pour les jeunes.

Vous investissez-vous dans la vie locale (Centrès et/ou le pays Naucellois ?) Comment ?
Un petit peu, j’essaie de m’investir. Déjà, je m’occupe du Club Photo Naucellois à Naucelle. Je suis un petit peu le responsable de cette association. Puisque ma passion, c’est la photo ; déjà par le biais de cette association, on participe sur le Naucellois, par exemple, on agrémente le site internet. On est actif sur le canton. Sinon, au niveau de Centrès, on s’implique au Café. Il y a deux mois, il y a eu l’ouverture d’un petit café de village, on a participé aux peintures intérieures. On donne tous un petit peu de notre temps. Là, on participe sur un projet culturel, qui sera basé à Centrès, on va travaillé avec des jeunes pour recueillir des témoignages de personnes plus ou moins agées comme ceux que vous faîtes là. Il y avait déjà une chose qui avait été faite sur les Cabanes. Je ne sais pas si vous en avez entendu parlé. Il y a trois ans, il y avait des jeunes qui avaient interviewés des personnes agées autour des cabanes. C’est un peu dans cet esprit là, donc on va aller dans les fermes pour que les gens parlent de leur travail et puis faire une banque de données ; on ne sait pas trop à quoi cela va nous servir ; on y travaillera dessus. Voilà, déjà, je pense que ce sera un gros investissement de ma personne là dedans. Et voilà, mon implication dans la vie locale.

Comment partagez vous temps entre votre travail et vos temps libres ?
Comment ? Je m’organise. Tu sais quand on a vraiment une passion, on sacrifie beaucoup de choses pour la vivre. Donc, j’ai de la chance d’avoir un travail qui me laisse pas mal de temps libre, je travaille en horaire décalée soit le matin de 5h30 jusqu’à 13h30 ou de 13h30 jusqu’à 9h30 le soir. Cela me laisse une demie journée à moi pour prendre des photos. Et dans mes congés, je consacre beaucoup de temps à ma passion. Pas forcément que sur le Naucellois parce que j’aime beaucoup mon département donc je suis amené à aller photographier des animaux, un petit hors du Naucellois. En ce moment, je travaille sur l’Aubrac où tu vois, j’ai du passer sur quatre semaines de vacances, trois semaines sur l’Aubrac. Donc, je consacre beaucoup de temps à ma passion. Dans mon travail, une fois que j’en suis sorti, mon pied est derrière, donc il ne m’absorbe pas forcément.
C’est un enrichissement personnel parce que à travers la photo, je rencontre énormément de personnes par exemple, j’ai rencontré un fabricant de couteaux, de fromage qui parlent de leur métier avec passion. Et donc, on retrouve des gens passionnés et cela m’apporte beaucoup.

Depuis quand l’exercez-vous ?
Oh, cela remonte à 9-10 ans. Cela a commencé quand il y avait Bernard Cauhapé, je ne sais pas si vous en avez entendu parlé , c’est lui qui était avant à l’UNISEP. Il avait organisé un stage photo sur deux jours sur le canton de Naucelle. On est allé photographier des artisans, un boulanger, un marchand de chaussures et puis là, cela m’avait plu. Et puis après adolescent, j’ai fait beaucoup de sport, donc la photo, cela ne me traversait pas trop l’esprit. Et en fait cela m’est revenu quand je suis parti faire berger en Suisse , je suis allé travaillé en Alpage, j’ai pris un appareil photo et à partir de ce moment là, ça a été le gros déclic. J’ai trouvé ce support comme moyen d’expression intéressant. Donc, à partir de là, je me suis intéressé à la photographie et j’ai rencontré ensuite des personnes qui faisaient de la photo d’animaux sauvages. Notamment, un ami qui habitait juste ici dans la forêt, Renaud Dangreville , dans la région, j’ai mis le doigt et puis cela été tout le bras et puis maintenant, j’y suis entièrement, cela remonte déjà à un petit bout de temps ma passion.

Nous avons entre 12 et 14 ans, en dehors de l’école que faisiez-vous à cet âge là ?
En dehors de l’école, je faisais de la course à pied et du vélo, beaucoup de vélo, j’étais passionné pour le vélo. Je faisais un peu de pêche, mais c’était surtout du vélo, je faisait de la compétition. Donc cette période là, dés que j’avais des vacances, je prenais mon  vélo, j’allais faire 2 ou 3 heures de vélo. J’ai parcouru toutes les petites routes, je dois toutes les connaître.

Quels sont vos goûts culturels ?
La photo. Je vais de temps en temps au théâtre, et à quelques concerts. Sinon, au niveau de la culture, j’aime beaucoup la peinture aussi. Je n’en ferais jamais parce que je n’ai pas cette fibre là mais c’est vrai que j’apprécie énormément la peinture. Donc sur Centrès, il y a des expositions itinérantes. Sinon, au niveau du théâtre, on va sur Arvieu, il y a des associations vraiment actives à ce niveau là.

Aimez-vous lire ?
Oui, j’aime bien lire. Mais, c’est le temps, je ne consacre pas beaucoup de temps à la lecture. Mais, comme je suis amené à faire des expositions sur des régions, dons je lis des bouquins qui touchent le côté historique, le patrimoine autant que le côté purement nature donc c’est ce type de lecture. C’est assez ciblé.
Je fais des montages audiovisuels, je prends beaucoup d’infos, je me documente pas mal, donc cela m’amène à faire pas mal de lecture.

Quel est votre écrivain préféré ?
J’aimais quand j’étais plus jeune beaucoup Bernard Clavel ; cela reste toujours assez proche de la nature.

Avez vous un livre de chevet ?
Pas spécialement, ça change suivant les semaines. Cela peut passer du gros livre en plusieurs tomes sur les oiseaux à un livre d’histoire des couteaux de laguiole. Je ne suis pas pour un littérature spécifique du genre conte ou autre. Si, j’ai un livre préféré, je ne sais plus l’auteur, c’est un livre écrit par un italien, c’est un berger transhumant suisse. Et ça c’est vraiment mon livre préféré, c’est vraiment une vie extraordinaire.

Quel style musical écoutez-vous ? Avez-vous un artiste favori ?
C’est pareil, ça varie énormément, ça va du jazz au Rock.
J’aime bien Souchon en variété française. J’aime beaucoup un compositeur de musique qui travaille en relation avec des danseuses, c’est René Aubry, cela ne vous dit pas grand chose, en fait c’est vrai que j’aime beaucoup cet artiste.

Avez-vous une chanson préférée ?
Une chanson préférée ; des chansons des têtes raides que j’apprécie particulièrement parce que les textes sont vraiment intéressants mais vraiment une à mettre en évidence, non, je ne vois pas.

Quel est votre comédien (ne) préférée ?
Non, un comédien, je ne vois pas ; Villeret , j’aime bien.

Avez-vous un film favori ?
J’ai beaucoup aimé « Manon des Sources », « Jean de Florette », un film qui avait été fait sur Najac « C’est la vie comme elle va » : c’est extraordinaire, plein d’humour et plein d’humanité.
On a montré en plus les Drolls du village. Les gens atypiques, le film a été tourné de façon a montré beaucoup de beauté intérieure, d’humanité ; c’est vraiment un très beau film.

Appréciez-vous la peinture, sculpture… ? Un artiste en particulier ? Un chef d’œuvre préféré ?
Un artiste préféré. Dans mon parcours, j’ai été à l’école à Perpignan et il y avait Dali qui n’était pas très loin. Et c’est vrai qu’il m’a vraiment impressionné. J’ai trouvé son travail vraiment extraordinaire. D’ailleurs, je suis allé voir son musée déjà cinq fois et j’avoue que si j’ai l’occasion, j’y retournerai parce que je le découvre toujours sous un autre angle avec un autre œil son travail.

On vous propose de discuter d’un sujet qui vous tient à cœur , de quoi avez-vous envie de parler ?
Cela dépend des jours. Cela peut être variable , ça dépend des rencontres aussi. Cela peut aller d’un oiseau bien spécifique jusqu’à la politique. Tout dépend avec les personnes que je me trouve. Ce qu’elles ont envie de raconter, c’est un échange, parce qu’on ne parle pas forcément de ce que l’on a envie. Ca rentre forcément dans le cadre d’un dialogue, d’un échange. Donc, à partir de là, c’est vraiment variable.
J’aime bien parler de mes rencontres avec des animaux. Comme ce matin, j’ai rencontré un busard. Il y a un nid de busards avec les deux parents qui nourrissent les petits. J’ai eu une rencontre désagréable avec une vipère qui n’était pas loin de mes orteils nus (chose qui ne faut pas faire). Mais, donc, j’ai observé cet oiseau en plein vol avec une proie et, alors la femelle est venue et s’est mise à l’envers et le male a lâché la souris et la femelle l’a appelé en plein vol. Alors, c’est vrai, qu’aujourd’hui, je pense que je vais parler de ça, parce que c’est vrai que ça été un moment assez extraordinaire de ma journée. Alors, aujourd’hui, c’est ça, mais demain, cela peut être autre chose. Cela peut être ce que l’on fait en ce moment : je vais parler de vous.
Avec le voisin, ce matin, on a parlé de jardin, j’aime beaucoup jardiner ; en effet, j’ai étudier dedans et bon, c’est un sujet qu’on a en commun avec le voisin, c’est un sujet qui lui plaît et qui me plaît.

Pour poursuivre une chaîne de personnes aimant vivre dans le Naucellois, nous vous demandons de proposer quelqu’un pour notre prochain entretien, avec une contrainte : la personne ne doit ni être des communes de Camjac,ni de Centrès.
Ni de Camjac, ni de Centrès. Alors, moi, je pensais à quelqu’un qui est sur Quins : C’est un tailleur de pierre qui est une personne vraiment extraordinaire. « Yves Saget », vous en avez entendu parler donc il est installé à son compte à Quins donc il est passionné par la pierre et surtout par le cadrant solaire. Sa grande passion, c’est le cadrant solaire. Je pensais à lui, c’est quelqu’un qui a la trentaine et des enfants en bas âge et qui est installé sur la région depuis deux ou trois ans. Lui, il est venu à l’Institut de la pierre.

Après l'interview :
J’ai toujours été omnubilé par les chasseurs depuis tout petit pas pour le fait de tuer les animaux mais pour le fait de les observer. Cela m’a toujours fasciné. Voir de près un cerf en train de bramer, un renard en train de chasser.
Et par le biais de la photo, à travers un objectif photo, je peux observer et être à côté des animaux dans un cadre naturel au milieu de la nature. Alors ça, cela me procure un plaisir vraiment immense de pouvoir faire toutes ses petites observations. Et quelque part, avec le stress de la vie, du travail, c’est un excellent moyen d’évacuer, on pense à rien.
Il faut prendre le temps, ça c’est une autre notion, on est pris avec nos pendules, nos montres et là quand on est dedans, c’est une autre façon d’être, de voir la vie. Et pour toutes ses raisons, c’est quelque chose qui est vraiment très très fort.
Pour moi, quelque part, c’est un échange, parce qu’un animal, un oiseau, s’il ne veut pas se laisser observer, ou se laisser approcher, on y arriverait pas.
Il faut être humble.
Pourquoi avez-vous choisi la photo comme support plutôt que la vidéo ?
« Le film passe, l’image reste »
La photo arrête un regard ; on peut capter une expression profonde.
 

 

Quelques photos de Patrice Geniez...

 

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