Nous
sommes une association de jeunes de 12 à 14 ans et nous voulons
créer une chaîne de personnes qui aiment vivre dans le pays
Naucellois pour montrer qu’en fait nous ne sommes pas obligé de
vivre dans des endroits où il y a plein de monde. Vanessa
Lacombe nous a dit que vous aimiez vivre dans le pays Naucellois
, c’est pour cela que l’on va vous interviewer.
Pourquoi
avez-vous choisi ce lieu ?
Ce
lieu, je l’ai choisi parce que je l’aime beaucoup ;
il n’est pas loin de chez moi et je peux y venir à pied
durant toutes les saisons. Ce lieu nous donne une vision
de la région assez globale et parce que j’aime bien observer.
Il y a beaucoup d’animaux sauvages et c’est une zone d’où vous
pouvez voir beaucoup de forêts, quelques prairies et en
fait il y a beaucoup d’habitants dans ces forêts comme
des blaireaux et des renards. Il y a du chevreuil dans
le coin, des cerfs juste en bas (je l’ai vu la semaine
dernière, il était très beau, en velours). Et donc, c’est
pour ça que j’aime bien ce lieu, je viens ici avec mes
jumelles pour observer.
Pourquoi
avez-vous choisi de vivre dans le pays Naucellois ?
Je
suis né dans le Naucellois déjà, alors ce qui fait que je ne suis jamais
trop parti vivre ailleurs, j’ai toujours vécu ici, donc c’est justement pour ça.
J’ai trouvé aussi du travail dans la région, cela m’a permis de rester ici.
Sinon, c’est pas par choix délibéré de vivre ici, c’est plus par un concours
de circonstances, je pense, que réellement une volonté et un choix.
Depuis
quand vivez vous à Centrès ?
Il
y aura 3 ans que l’on habite à Centrès.
Donc là, c’est pareil, on cherchait une maison puis on a trouvé à Centrès.
Et c’est un village très accueillant, on a rencontré des gens extraordinaires
et une vie locale où il y a beaucoup de choses qui sont entrain de se mettre
en place. Notamment ce matin, il y avait le rucher avec un apiculteur qui
est arrivé dans la région avec lequel on s’est rencontré, et tous les samedis,
on se retrouve autour des ruches, c’est vrai qu’il y a aussi des ateliers
de peinture, d’écriture ; c’est un village où les gens se retrouvent
assez souvent. On se plait bien ici à Centrès depuis 3 ans.
Qu’est
ce qui pourrait améliorer votre vie à Centrès et la vie à Centrès
pour tous ses habitants ?
Oh,
la, la…
On est déjà bien, donc.
Réellement une chose qui pourrait améliorer la vie à Centrès, je ne vois pas.
Vous
avez grandi dans le pays Naucellois, selon vous qu’est ce qui a
changé (dans le Naucellois) ?
Ce
qui a changé dans le Naucellois, il y a de plus en plus d’associations culturelles.
Moi, quand j’étais sur le Naucellois, il n’y en avait pas. Il y avait du
sport, mais il n’y avait pas toutes ces activités qui se sont regroupées à travers
l’UNISEP. A mon avis, c’est très intéressant pour les jeunes. Pour moi, en
voyant avec le recul, cela a été un manque, pas trop d’activités culturelles.
Sinon, ce qui a changé, c’est spécifique à Naucelle, il y a cette place qui
est sympas, qui est agréable à vivre. Mais sinon, c’est surtout au niveau
de la culture pour moi qui a un plus pour les jeunes.
Vous
investissez-vous dans la vie locale (Centrès et/ou le pays Naucellois ?)
Comment ?
Un
petit peu, j’essaie de m’investir. Déjà, je m’occupe du Club Photo
Naucellois à Naucelle. Je suis un petit peu le responsable de cette
association. Puisque ma passion, c’est la photo ; déjà par
le biais de cette association, on participe sur le Naucellois,
par exemple, on agrémente le site internet. On est actif sur le
canton. Sinon, au niveau de Centrès, on s’implique au Café. Il
y a deux mois, il y a eu l’ouverture d’un petit café de village,
on a participé aux peintures intérieures. On donne tous un petit
peu de notre temps. Là, on participe sur un projet culturel, qui
sera basé à Centrès, on va travaillé avec des jeunes pour recueillir
des témoignages de personnes plus ou moins agées comme ceux que
vous faîtes là. Il y avait déjà une chose qui avait été faite sur
les Cabanes. Je ne sais pas si vous en avez entendu parlé. Il y
a trois ans, il y avait des jeunes qui avaient interviewés des
personnes agées autour des cabanes. C’est un peu dans cet esprit
là, donc on va aller dans les fermes pour que les gens parlent
de leur travail et puis faire une banque de données ; on ne
sait pas trop à quoi cela va nous servir ; on y travaillera
dessus. Voilà, déjà, je pense que ce sera un gros investissement
de ma personne là dedans. Et voilà, mon implication dans la vie
locale.
Comment
partagez vous temps entre votre travail et vos temps libres ?
Comment ?
Je m’organise. Tu sais quand on a vraiment une passion, on sacrifie beaucoup
de choses pour la vivre. Donc, j’ai de la chance d’avoir un travail qui me
laisse pas mal de temps libre, je travaille en horaire décalée soit le matin
de 5h30 jusqu’à 13h30 ou de 13h30 jusqu’à 9h30 le soir. Cela me laisse une
demie journée à moi pour prendre des photos. Et dans mes congés, je consacre
beaucoup de temps à ma passion. Pas forcément que sur le Naucellois parce
que j’aime beaucoup mon département donc je suis amené à aller photographier
des animaux, un petit hors du Naucellois. En ce moment, je travaille sur
l’Aubrac où tu vois, j’ai du passer sur quatre semaines de vacances, trois
semaines sur l’Aubrac. Donc, je consacre beaucoup de temps à ma passion.
Dans mon travail, une fois que j’en suis sorti, mon pied est derrière, donc
il ne m’absorbe pas forcément.
C’est un enrichissement personnel parce que à travers la photo, je rencontre énormément
de personnes par exemple, j’ai rencontré un fabricant de couteaux, de fromage
qui parlent de leur métier avec passion. Et donc, on retrouve des gens passionnés
et cela m’apporte beaucoup.
Depuis
quand l’exercez-vous ?
Oh,
cela remonte à 9-10 ans. Cela a commencé quand il y avait Bernard
Cauhapé, je ne sais pas si vous en avez entendu parlé , c’est lui
qui était avant à l’UNISEP. Il avait organisé un stage photo sur
deux jours sur le canton de Naucelle. On est allé photographier
des artisans, un boulanger, un marchand de chaussures et puis là,
cela m’avait plu. Et puis après adolescent, j’ai fait beaucoup
de sport, donc la photo, cela ne me traversait pas trop l’esprit.
Et en fait cela m’est revenu quand je suis parti faire berger en
Suisse , je suis allé travaillé en Alpage, j’ai pris un appareil
photo et à partir de ce moment là, ça a été le gros déclic. J’ai
trouvé ce support comme moyen d’expression intéressant. Donc, à partir
de là, je me suis intéressé à la photographie et j’ai rencontré ensuite
des personnes qui faisaient de la photo d’animaux sauvages. Notamment,
un ami qui habitait juste ici dans la forêt, Renaud Dangreville
, dans la région, j’ai mis le doigt et puis cela été tout le bras
et puis maintenant, j’y suis entièrement, cela remonte déjà à un
petit bout de temps ma passion.
Nous
avons entre 12 et 14 ans, en dehors de l’école que faisiez-vous à cet âge
là ?
En
dehors de l’école, je faisais de la course à pied et du vélo, beaucoup de
vélo, j’étais passionné pour le vélo. Je faisais un peu de pêche, mais c’était
surtout du vélo, je faisait de la compétition. Donc cette période là, dés
que j’avais des vacances, je prenais mon vélo,
j’allais faire 2 ou 3 heures de vélo. J’ai parcouru toutes les petites routes,
je dois toutes les connaître.
Quels
sont vos goûts culturels ?
La
photo. Je vais de temps en temps au théâtre, et à quelques concerts. Sinon,
au niveau de la culture, j’aime beaucoup la peinture aussi. Je n’en ferais
jamais parce que je n’ai pas cette fibre là mais c’est vrai que j’apprécie énormément
la peinture. Donc sur Centrès, il y a des expositions itinérantes. Sinon,
au niveau du théâtre, on va sur Arvieu, il y a des associations vraiment
actives à ce niveau là.
Aimez-vous
lire ?
Oui,
j’aime bien lire. Mais, c’est le temps, je ne consacre pas beaucoup de temps à la
lecture. Mais, comme je suis amené à faire des expositions sur des régions,
dons je lis des bouquins qui touchent le côté historique, le patrimoine autant
que le côté purement nature donc c’est ce type de lecture. C’est assez ciblé.
Je fais des montages audiovisuels, je prends beaucoup d’infos, je me documente
pas mal, donc cela m’amène à faire pas mal de lecture.
Quel
est votre écrivain préféré ?
J’aimais
quand j’étais plus jeune beaucoup Bernard Clavel ; cela reste
toujours assez proche de la nature.
Avez
vous un livre de chevet ?
Pas
spécialement, ça change suivant les semaines. Cela peut passer du gros livre
en plusieurs tomes sur les oiseaux à un livre d’histoire des couteaux de
laguiole. Je ne suis pas pour un littérature spécifique du genre conte ou
autre. Si, j’ai un livre préféré, je ne sais plus l’auteur, c’est un livre écrit
par un italien, c’est un berger transhumant suisse. Et ça c’est vraiment
mon livre préféré, c’est vraiment une vie extraordinaire.
Quel
style musical écoutez-vous ? Avez-vous un artiste favori ?
C’est
pareil, ça varie énormément, ça va du jazz au Rock.
J’aime bien Souchon en variété française. J’aime beaucoup un compositeur de musique
qui travaille en relation avec des danseuses, c’est René Aubry, cela ne vous
dit pas grand chose, en fait c’est vrai que j’aime beaucoup cet artiste.
Avez-vous
une chanson préférée ?
Une
chanson préférée ; des chansons des têtes raides que j’apprécie particulièrement
parce que les textes sont vraiment intéressants mais vraiment une à mettre
en évidence, non, je ne vois pas.
Quel
est votre comédien (ne) préférée ?
Non,
un comédien, je ne vois pas ; Villeret , j’aime bien.
Avez-vous
un film favori ?
J’ai
beaucoup aimé « Manon des Sources », « Jean de Florette »,
un film qui avait été fait sur Najac « C’est la vie comme elle va » :
c’est extraordinaire, plein d’humour et plein d’humanité.
On a montré en plus les Drolls du village. Les gens atypiques, le film a été tourné de
façon a montré beaucoup de beauté intérieure, d’humanité ; c’est vraiment
un très beau film.
Appréciez-vous
la peinture, sculpture… ? Un artiste en particulier ?
Un chef d’œuvre préféré ?
Un
artiste préféré. Dans mon parcours, j’ai été à l’école à Perpignan
et il y avait Dali qui n’était pas très loin. Et c’est vrai qu’il
m’a vraiment impressionné. J’ai trouvé son travail vraiment extraordinaire.
D’ailleurs, je suis allé voir son musée déjà cinq fois et j’avoue
que si j’ai l’occasion, j’y retournerai parce que je le découvre
toujours sous un autre angle avec un
autre œil son travail.
On
vous propose de discuter d’un sujet qui vous tient à cœur ,
de quoi avez-vous envie de parler ?
Cela
dépend des jours. Cela peut être variable , ça dépend des rencontres
aussi. Cela peut aller d’un oiseau bien spécifique jusqu’à la
politique. Tout dépend avec les personnes que je me trouve.
Ce qu’elles ont envie de raconter, c’est un échange, parce
qu’on ne parle pas forcément de ce que l’on a envie. Ca rentre
forcément dans le cadre d’un dialogue, d’un échange. Donc, à partir
de là, c’est vraiment variable.
J’aime bien parler de mes rencontres avec des animaux. Comme ce matin, j’ai rencontré un
busard. Il y a un nid de busards avec les deux parents qui nourrissent les petits.
J’ai eu une rencontre désagréable avec une vipère qui n’était pas loin de mes
orteils nus (chose qui ne faut pas faire). Mais, donc, j’ai observé cet oiseau
en plein vol avec une proie et, alors la femelle est venue et s’est mise à l’envers
et le male a lâché la souris et la femelle l’a appelé en plein vol. Alors, c’est
vrai, qu’aujourd’hui, je pense que je vais parler de ça, parce que c’est vrai
que ça été un moment assez extraordinaire de ma journée. Alors, aujourd’hui,
c’est ça, mais demain, cela peut être autre chose. Cela peut être ce que l’on
fait en ce moment : je vais parler de vous.
Avec le voisin, ce matin, on a parlé de jardin, j’aime beaucoup jardiner ;
en effet, j’ai étudier dedans et bon, c’est un sujet qu’on a en commun avec le
voisin, c’est un sujet qui lui plaît et qui me plaît.
Pour
poursuivre une chaîne de personnes aimant vivre dans le Naucellois,
nous vous demandons de proposer quelqu’un pour notre prochain
entretien, avec une contrainte : la personne ne doit ni être
des communes de Camjac,ni de Centrès.
Ni
de Camjac, ni de Centrès. Alors, moi, je pensais à quelqu’un
qui est sur Quins : C’est un tailleur de pierre qui
est une personne vraiment extraordinaire. « Yves Saget »,
vous en avez entendu parler donc il est installé à son
compte à Quins donc il est passionné par la pierre et surtout
par le cadrant solaire. Sa grande passion, c’est le cadrant
solaire. Je pensais à lui, c’est quelqu’un qui a la trentaine
et des enfants en bas âge et qui est installé sur la région
depuis deux ou trois ans. Lui, il est venu à l’Institut
de la pierre.
Après
l'interview :
J’ai
toujours été omnubilé par les chasseurs depuis tout petit
pas pour le fait de tuer les animaux mais pour le fait
de les observer. Cela m’a toujours fasciné. Voir de près
un cerf en train de bramer, un renard en train de chasser.
Et par le biais de la photo, à travers un objectif photo, je peux observer et être à côté des
animaux dans un cadre naturel au milieu de la nature. Alors ça, cela me procure
un plaisir vraiment immense de pouvoir faire toutes ses petites observations.
Et quelque part, avec le stress de la vie, du travail, c’est un excellent moyen
d’évacuer, on pense à rien.
Il faut prendre le temps, ça c’est une autre notion, on est pris avec nos pendules,
nos montres et là quand on est dedans, c’est une autre façon d’être, de voir
la vie. Et pour toutes ses raisons, c’est quelque chose qui est vraiment très
très fort.
Pour moi, quelque part, c’est un échange, parce qu’un animal, un oiseau, s’il
ne veut pas se laisser observer, ou se laisser approcher, on y arriverait pas.
Il faut être humble.
Pourquoi avez-vous choisi la photo comme support plutôt que la vidéo ?
« Le
film passe, l’image reste »
La photo arrête un regard ;
on peut capter une expression profonde.
Quelques
photos de Patrice Geniez...

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