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YVES SAGET
Chez lui à Quins le 3 novembre 2004
 

Cédric : On est un groupe de jeunes de 13 à 15 ans. On interroge des personnes ; d’abord, on a commencé par Madame le Maire de Naucelle, puis après on lui a demandé de choisir des personnes qui ne faisaient pas partie de la Commune de Naucelle, ensuite cela a suivi.

Valérie : Le questionnaire porte sur un thématique au départ, c’est sur la personne qui aime bien vivre dans le pays Naucellois, alors cela peut être des personnes qui y sont nées, ou des personnes qui y viennent. Les questions ne portent pas forcément sur une passion ou un métier. Pourquoi les personnes y sont venus et pourquoi elles y sont restées ?

Cédric :Pourquoi avez vous choisi ce lieu ?
Yves Saget : Parce que j’y vis et j’essaie d’y passer le plus de temps possible pour restaurer ma maison et travailler sur l’atelier de taille de pierre.
Ici, ce n’est pas toute ma vie mais une grosse partie de ma vie.

Cédric :Y venez vous souvent et quand ?
J’y suis tout le temps. Quand je dois partir au travail, j’essai de revenir et d’être un maximum de temps ici.

Cédric : Qu’est ce qui vous a incité à venir vivre dans le pays Naucellois et plus particulièrement à Quins ? Et depuis quand y vivez vous ?
Cela fait maintenant 4 ans que je suis ici à Quins. Cela va faire 6 ans que je suis sur l’Aveyron avec ma femme. Ici à Quins, c’est un peu par hasard, on cherchait à acheter une maison. Et, c’est ici que l’on a trouvé, le lieu nous convenait, on aime bien le hameau « Lacombe » comme il est situé. Les bâtiments sont jolies, c’est ce que je recherchais. C’est un peu par hasard.

Cédric : D’où venez vous ?
Je viens de la région parisienne, je suis originaire de la région parisienne. Et après, je n’ai pas mal voyagé pour apprendre mon métier. 8 ans après, je suis arrivé sur l’Aveyron.

Cédric :Quelle différence relevez-vous entre la vie à Quins et la vie où vous étiez avant ?
Avant de voyager, j’étais dans une Z.U.P (Zone urbaine Prioritaire) en région parisienne, dans la banlieue. La différence, c’est qu’ici c’est la campagne, ici on se connaît plus que là bas.
Là bas, on connaissait à peine nos voisins. Ici, à Lacombe, on connaît tout le monde, même à Quins, on commence à connaître ; il n’y a plus cette impersonnalité.

Cédric : La vie de votre ancien village ou ville était elle plus dynamique (Associations , fêtes de village, commerce , services,…)?
Non, je ne croîs pas que c’était plus dynamique. Au contraire, comme c’était la grande banlieue, c’était une ville dortoir, tous les gens vont sur Paris. En ville, il n’y a pas beaucoup d’activités. Ici, il y a en plus à Naucelle, ou Baraqueville ou Rodez ; c’est plus facile de sortir ici que de sortir où j’étais avant.

Cédric : Qu’est ce qui pourrait améliorer votre vie Quins ?
Là, je ne vois pas. Bon, pour nous, c’est tout nouveau, ça fait 4 ans qu’on est là.

Cédric : Quelles évolutions avez vous remarquées à Quins depuis que vous y habitez ?
Depuis 4 ans, au niveau du hameau, il y a de plus en plus d’enfants. Quand on est arrivé, il n’y avait pas. Et maintenant, il y a en 4. Quand on est arrivé, on a eu notre premier enfant, Pierre. Monsieur et madame Poux ont eu deux enfants. Nous, aussi, on a eu un deuxième enfant. Lors de notre arrivée au village, il n’y avait pas d’enfants.

Cédric :Participez vous à la vie de votre village ? Et comment ?
Avec la restauration de la maison, l’entreprise et les enfants, on n’a pas beaucoup de temps libre. Mais, j’essaie de m’investir. Par exemple, l’année dernière, j’ai été à l’école de Salan pour montrer le travail de tailleur de pierre. J’y ai été une matinée, les enfants ont gravé des lettres et ont gravé « Ecole de Salan ». Donc, voilà…

Cédric :Participez vous à des associations ? Si oui, lesquelles et qu’est ce que cela vous apporte ?
J’ai commencé et c’est comme ça que j’ai connu Patrice Géniez avec le Club Photo de Naucelle. Et puis, parce que j’aime bien la photo. Ensuite, je n’ai pas eu le temps et quand je fais les choses j’aime bien les faire correctement. Donc, je ne pouvais pas tout faire en même temps. Mais, quand la maison serra plus avancée, j’espère bien reprendre une activité. D’ailleurs, l’association Club Photo m’a permis de connaître Patrice. Cela me permet de connaître pas mal de monde surtout quand on n’est pas du pays. Il y a aussi l’association Saint Clair de Verdun à laquelle je participe un peu, et là encore j’aimerais en faire plus mais pour le moment mes priorités sont ma famille, l’entreprise et la maison.

Cédric :Nous avons entre 12 et 14 ans, en dehors de l’école que faisiez vous à cet âge là ?
12 et 14 ans, je faisais toujours un lien avec l’école le mercredi après-midi du sport, de l’endurance. Je courrais souvent. Mais après dans les cités, on ne sort pas beaucoup, ce n’est pas comme ici.

Cédric :Comment vous est venu la passion des cadrans solaires ? Et depuis quand l’exercez vous ?
Cela fait que 2 ou 3 ans que je m’y suis vraiment intéressé ; pendant un an, j’ai étudié et puis j’ai commencé à faire mon premier cadran solaire. Et comment cela m’ai venu ? par mon métier déjà, tailleur de pierre. J’ai fait de la gravure, de l’ornementation et puis des cadrans solaires, c’est une chose qui permet de lier les deux. La pierre, la gravure, l’ornementation et en plus il y a toute la partie du dessin technique pour les tracés justes.

Cédric : La création des cadrans solaires, est ce pour vous une passion ou tout simplement un métier ?
Non, ce n’est pas non plus une passion. C’est quelque chose qui pourrait le devenir si vraiment j’en faisais beaucoup. Mais c’est quelque chose que j’aime faire, ça c’est sur.
Trois cadrans solaires sont posés et fonctionnent. Au départ, je l’étudie, je le trace sur le papier, je le réalise, je le pose, et une fois posé, je vérifie pour voir s’il marche ; et quand je m’aperçoit que le cadran solaire fonctionne et qu’il donne l’heure solaire, la vraiment, c’est quelque chose, on joue avec le soleil, on joue avec quelque chose qui est très très loin.
Et là, cela me donne vraiment des frissons à chaque fois. A chaque fois que je vérifie s’il fonctionne et que je m’aperçois qu’il fonctionne, à chaque fois, c’est quelque chose.

Cédric :Combien de temps consacrez vous à votre travail ? Et comment occupez vous votre temps libre ?
Beaucoup de temps. Et puis, quand ce n’est pas l’entreprise, c’est la restauration de la maison, donc c’est toujours dans le même domaine. Donc, je passe beaucoup de temps à travailler.

Cédric :Comment se compose votre famille ?
Il y a ma femme qui est vétérinaire. Maintenant, elle est à Rieupeyroux. Et aussi, j’ai deux enfants, Pierre qui a 3 ans et demi et Tristan qui va avoir deux ans ; ils sont à l’école de Salan.

Cédric :Leur consacrez vous beaucoup de temps ?
Oui, dés que je peux. Comme ma femme est vétérinaire, elle a des gardes et quand elle n’est pas là, je suis obligé de garder les enfants, donc je passe beaucoup de temps avec eux.
Et puis, quand elle n’est pas de garde, c’est moi qui en profite pour travailler à la maison. Et alors, c’est elle qui en profite, donc à tour de rôle, on profite des enfants. On leur consacre quand même pas mal de temps.

Cédric :Etes-vous intéressé par une forme d’art ?
La Sculpture; j’aimerais bien approfondir la sculpture. La pierre, ce n’est pas la sculpture, c’est deux métiers encore différents, j’aimerais faire plus de sculpture maintenant, plus de création.
J’aime bien aussi la peinture. Mais mon métier me prend beaucoup de temps. J’ai un peu de mal dés fois à en sortir.

Cédric :Que pensez vous des nouvelles techniques de communication ?
Justement, j’aimerais me faire connaître plus que localement, j’aimerais trouver une clientèle un peu plus large, donc j’envisage de créer un site internet pour montrer ce que je fais.
Même pour ma famille qui est assez loin. Ma famille est restée dans la région parisienne ; donc pour communiquer, c’est très intéressant.

Cédric :On vous propose de discuter d’un sujet qui vous tient à cœur, de quoi avez vous envie de parler ?
Un sujet qui me tient à cœur, je vais vous reparler des cadrans solaires.
Le cadran solaire quand il est fait correctement c’est à dire tracé pour une orientation et un lieu précis donne l’heure solaire de ce lieu. Si l’on veut convertir cette heure solaire en heure légale c'est-à-dire l’heure indiquée sur une montre, il faut prendre en compte trois paramètres.
Le premier que tout le monde connaît est de rajouter une heure en hiver et deux heures en été.
Le second dépend du lieu ou l’on se trouve, en effet l’heure légale coïncide avec l’heure solaire quand on se situe sur le méridien de Greenwich, mais si nous sommes à l’est de ce méridien le soleil sera à notre verticale (midi solaire) avant d’être à la verticale du méridien de Greenwich. Ce décalage est de quatre minutes par degré. Prenons l’exemple de Quins qui se situe à 2°23’ Est, et bien le soleil est à notre verticale 9 minutes et 32 secondes avant d’être à la verticale du méridien de Greenwich (2°x4+23secx4) ce qui signifie qu’il faut soustraire ces 9 minutes et 32 secondes à l’heure solaire pour obtenir l’heure l’égale.
Le troisième paramètre est du au fait que la terre ne met pas exactement 24 heures à faire un tour sur elle-même et qu’en plus cette durée est variable tout au long de l’année. Cette variation est représentée par l’équation de temps qu’il faut ajouter ou soustraire suivant les saisons.
Ma plus belle pièce ce trouve en face de la MJC à rodez, il s’agit d’une sorte de mobilier urbain constitué de trois pierre. Le socle en pierre d’origine volcanique avec une moulure renaissance rappelant l’age d’or de la science des cadrans solaires. Le fût réalisé en grés rouge sur lequel se trouve trois cadrans, un vers l’est pour donner l’heure de 6h à11h, un autre plein sud pour les heures entre 11h et 13h et un plein ouest pour les heures de 13H à 18h. La particularité de ces cadrans est qu’ils sont tracés sur des surfaces courbes. La troisième partie est une sphère en pierre calcaire dure représentant la terre et orientée de la même façon, donc éclairée de la même façon par le soleil.

Cédric :Voulez vous proposer une personne pour notre prochaine interview, afin de créer une chaîne de personnes qui aiment vivre dans le pays Naucellois ?
Donc j’y ai réfléchi, j’avais pensé d’abord à Monsieur Gibelin, parce que c’est quelqu’un que j’apprécie beaucoup. Mais bon, il est dans la même commune, et dans le même hameau.
Sinon, je pensais à une autre personne que je ne connais pas. J’en ai entendu parlé deux fois, j’aimerais le rencontrer, je n’ai pas encore eu l’occasion de le rencontrer, je ne connais même pas son nom. C’est une personne que vous devez connaître, elle collectionne les boules.

Cédric : C’est Monsieur Majoulet
Cela sera l’occasion de faire un lien avec lui.
 

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